22 janv. 2015,  03:00 - ANEB - Presse - Style de vie

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Lettre ouverte d’Anorexie et Boulimie Québec en réaction à l’article « Anorexique, elle déteste la nourriture depuis 35 ans »

Montréal, le 22 janvier 2015 /TONIK Newswire/ – En réponse à l’article paru le 19 janvier dans le Journal de Québec, « Anorexique, elle déteste la nourriture depuis 35 ans », Anorexie et Boulimie Québec (ANEB) souhaite rappeler que l’anorexie n’est pas un mode de vie, et qu’à long terme, les conséquences peuvent être des plus néfastes. ANEB souhaite également rappeler aux gens qu’avec l’aide de ressources spécialisées, il est possible de se rétablir complètement d’un trouble alimentaire, y compris l’anorexie.

L’anorexie est un trouble de santé mentale, au même titre que la dépression ou tout autre trouble. Non traitée, la maladie peut mener à la mort. Les symptômes ne sont pas à prendre à la légère, souligne Josée Champagne, directrice générale d’Anorexie et Boulimie Québec (ANEB).

L’anorexie est une maladie grave et complexe. Les personnes qui en sont atteintes vivent une très grande détresse. Engendré par de multiples facteurs, un trouble alimentaire représente souvent la façon qu’a trouvée une personne d’exercer un certain contrôle sur sa vie.

Moins la personne mange, moins elle veut manger. Cet état la précipite alors dans une spirale qui peut lui être mortelle. Le problème est que tant qu’elle est souffrante, elle est souvent fière de manger très peu, car elle se sent en contrôle. C’est pour cette raison que le traitement implique de recommencer à manger pour renverser la vapeur et permettre la guérison, affirme Guylaine Guevremont, nutritionniste, présidente et directrice générale de la Clinique MuUla.

Les traitements pour l’anorexie nerveuse fonctionnent. Ils ne forcent pas les gens à manger ou prendre du poids, mais les aident plutôt à surmonter les peurs irrationnelles qui favorisent un niveau dangereux d’évitement de la nourriture. Ils aident les personnes à retrouver une sécurité dans le fait de manger de nouveau, ajoute Dr Howard Steiger, directeur du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut Douglas

Derrière le refus de manger et le contrôle du corps se cache habituellement une peur paralysante : celle reliée au fait d’être soi-même, de ressentir et tolérer des émotions, et celle de faire face à notre souffrance intérieure. Guérir d’un trouble de l’alimentation, c’est aussi risquer de laisser aller la bouée de sauvetage que représente la maladie pour s’accrocher à notre désir d’être soi-même, d’être authentique et libéré de ses peurs – Dre Stéphanie Léonard, psychologue.

L’impression de contrôle que procure la maladie n’est en fait qu’illusoire, puisque tôt ou tard, les nombreuses répercussions physiques et sociales se feront ressentir. L’anorexie n’est effectivement pas un choix, mais le fait d’aller chercher de l’aide pour s’en sortir en est un, bien que cela puisse être difficile à faire pour la personne souffrante. Le soutien des proches peut d’ailleurs jouer un rôle considérable dans le processus de rétablissement.

Des services pour venir en aide à une personne aux prises avec un trouble alimentaire et à ses proches sont disponibles au Québec, en milieux hospitaliers, privés et communautaires. Des organismes tels qu’ANEB peuvent offrir du soutien gratuitement ou à faibles coûts. Une ligne d’écoute et des groupes de soutien figurent parmi les nombreux services dont peuvent disposer les gens touchés directement ou indirectement par ce syndrome.

Après la lecture de l’article publié dans le Journal de Québec, j’espère qu’une personne souffrant d’anorexie nerveuse n’aura pas peur de demander de l’aide. Ce serait vraiment nocif, car il n’est pas nécessaire d’abdiquer devant l’anorexie et de laisser la maladie prendre le contrôle. - Dr Howard Steiger, directeur du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut Douglas.

Il importe de sensibiliser la population aux troubles alimentaires et leurs conséquences. Pour traiter du sujet, ANEB recommande aux intervenants de faire appel à un expert dans le domaine des troubles alimentaires ou d’avoir recours à du matériel développé par l’un d’eux. Ces spécialistes sont sensibles aux thèmes qu’il est préférable d’éviter, ou ceux qu’il importe d’aborder en matière de prévention et d’éducation relativement aux troubles alimentaires. À cet effet, cette année, la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, orchestrée au Québec par ANEB, la Maison l’Éclaircie et leurs nombreux partenaires, a lieu du 1er au 7 février 2015. Des outils éducatifs et promotionnels pour la Semaine sont accessibles à tous en ligne, par le lien suivant : www.semainetroublesalimentaires.com.

Merci à Dr Howard Steiger du Programme des troubles de l’alimentation de l’Institut Douglas, Guylaine Guevremont, nutritionniste, présidente et directrice générale de la Clinique MuUla et à Dre Stéphanie Léonard, psychologue pour leur contribution à cette lettre.

 

SOURCE: Anorexie et Boulimie Québec, ÉquiLibre, la Maison L’Éclaircie, Arrimage Estrie, Muula et la Clinique Psychoalimentaire

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Émilie Rodgers
Attachée de presse
Agence Tonik
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