28 avr. 2015,  16:30 - ANEB - Presse - Style de vie

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ANEB appuie les démarches de ses confrères français auprès du gouvernement pour un plan national destiné au dépistage et aux soins liés aux troubles alimentaires.

MONTRÉAL, 28 avril 2015 /TONIK Newswire/ – Dans le cadre de la loi Santé, des amendements ont été récemment votés par l’Assemblée nationale en France. Ces amendements ont pour but de décourager le fait d’inciter une personne à rechercher une maigreur excessive et à s’engager dans des comportements de restriction alimentaire (ex. les agences qui engagent des mannequins considérés trop maigres ou encore les forums pro-anorexiques).

Les mesures mises en place par les élus en France démontrent un désir de s’engager et de changer la situation actuelle en matière de dépistage et de prévention des troubles alimentaires. Néanmoins, d’autres actions restent à poser.

Les intervenants et professionnels de la santé français qui œuvrent auprès des personnes atteintes d’un trouble alimentaire et leurs proches souhaiteraient, dans un avenir rapproché, que le gouvernement développe un plan national pour faire face à la maladie, lequel s’appuierait sur les recommandations d’un comité d’experts. Anorexie et boulimie Québec (ANEB) souhaite appuyer ses confrères français dans leur démarche pour la mise en place d’un tel plan qui favorisera le développement et la structuration d'une offre de soins spécialisés couvrant tout le territoire français.

Une solution alternative pour le Québec: changer les standards de beauté un pas à la fois 

Au Québec, la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée (la CHIC) invite l’industrie de l’image ainsi que tous les citoyens à faire une différence pour changer les normes de beauté, en adhérant à ses valeurs et en mettant en place certaines actions. Cette charte, initiée en 2009 par la ministre de la Condition féminine de l’époque, Mme Christine St-Pierre, porte fruit. Bon nombre d’initiatives sont nées de la CHIC. Le magazine Clin d’œil, par exemple, se repositionne et s’engage à présenter la beauté sous toutes ses formes, et donc de recourir à des mannequins de taille, poids et cultures variés.

Le suivi sur l’impact et la portée de la CHIC indique un nombre croissant d’adhérents dans l’industrie de l’image et dans la population générale, ainsi qu’un soutien important pour les valeurs inhérentes à la CHIC (ex. le concept clé de promouvoir la « diversité corporelle »).

La Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée a eu des retombées positives, notamment parce qu'elle implique un engagement volontaire et non pas des mesures contraignantes et coercitives qui n'inciteront pas l'industrie à bouger. - Léa Clermont-Dion, co-instigatrice de la CHIC

Un élément central de la réussite de la CHIC a été la formation d’un comité de travail, incluant des représentants de nombreux secteurs (médias, mode, éducation, santé, communautaire, etc.) qui font un travail continu pour mobiliser les acteurs de l’industrie et de l’espace public à poser des actions, avec pour objectif d’avoir un impact positif contre la survalorisation malsaine et irréfléchie de la minceur. - Dr Howard Steiger, directeur du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut Douglas, et co-président de la CHIC.

La réussite de la CHIC nous amène à croire que le fait d’inviter les intervenants du domaine de la mode et de la beauté à participer au changement et de récompenser leurs bons coups, a un impact réel. Nous pouvons affirmer que cette approche fonctionne bien au Québec.

Un plan plus ambitieux pour déjouer la maladie

Les troubles alimentaires sont des maladies complexes. La pression exercée par la société à correspondre à une certaine image peut faire partie des facteurs de risque pour développer un trouble alimentaire, mais elle ne peut expliquer le maintien dans le temps de la maladie. Les troubles alimentaires, rappelons-le, consistent en des troubles de santé mentale qui vont bien au-delà du désir d’avoir un corps mince. Promouvoir la diversité corporelle est un premier pas dont tout le monde peut bénéficier; d’autres actions doivent aussi être mises en place pour combattre la maladie.

Nous croyons fermement chez ANEB que des actions concertées peuvent aider une personne atteinte de la maladie à se rétablir complètement. Nous rappelons que les programmes de formation et les activités de sensibilisation et d’éducation au sujet des troubles alimentaires ont un rôle central à jouer.

Par cette lettre, nous invitons les Québécois et Québécoises à se joindre au peuple français qui soulève l’importance d’un plan national en France de diagnostic précoce et de développement des filières de soins des troubles du comportement alimentaire, en signant la pétition développée à cet effet.

SOURCE: Josée Champagne, directrice générale d’ANEB, Dr Howard Steiger, directeur du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut Douglas, Léa Clermont-Dion, co-instigatrice de la CHIC, candidate à la maîtrise en science politique, auteure de La revanche des moches, Lucie Dumas, vice-présidente, éditrice en chef, Groupe Magazine.

Renseignements : Émilie Rodgers, Attachée de presse, Agence Tonik, erodgers@tonik.ca, (514) 788-2123

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